Vogue

Quand la mode va trop loin…

Le COFRADE souhaite attirer votre attention sur une dérive du magazine Vogue Paris n°913 Décembre/Janvier, dont l’un des reportages de mode met en scène des enfants de manière particulièrement scandaleuse et irrespectueuse. (photos disponibles en cliquant sur le lien suivant: http://thesocietypages.org/socimages/2011/01/08/adultification-and-sexualization-of-girls-in-french-vogue/)

A ce titre, le COFRADE s’associe à la lettre ouverte des pédiatres français qui, à l’initiative d’Elisabeth Pino, ont dénoncé la banalisation inquiétante de représentations de plus en plus sexualisées des enfants. Elisabeth Pino appartient au service des médecins de l’Education Nationale, au comité de rédaction de la revue d’enseignement post universitaire Médecine &Enfance et à l’Association Française de Promotion de la Santé Scolaire et Universitaire. Les premiers à s’être mobilisés sont des médecins de l’Education Nationale et pour la majeure partie des pédiatres réunis dans le forum de Médecine&Enfance, des praticiens libéraux, qui voient passer des enfants et des adolescents, dans la mesure où ce type de phénomène pose question en terme de santé publique.

En effet, les photographies du reportage ayant pour sujet des petites fillesà peine âgées de 10 ans, renvoient aux limites des codes de la prostitution enfantine. Les postures des fillettes, les vêtements et accessoires dont elles promeuvent la marque, l’expression de leurs visages, accentuée par un maquillage très prononcé, sont autant d’évocations à caractère sexuel. Cet effet est davantage accentué par le mot « CADEAUX », largement mis en évidence sur la majorité des photographies et dont l’ambiguïté n’est pas des moindres.

Le COFRADE s’indigne face à une telle dégradation de l’image de l’enfant et se doit de réagir face à une violation manifeste de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Cet instrument juridique international, devenu loi française, dispose dans un premier temps que toute décision ayant une incidence sur la vie de l’enfant doit être fondée sur« son Intérêt Supérieur » (art 3). Par ailleurs, aux termes des articles 34 et 36, les Etats signataires, dont la France peut se réjouir de figurer parmi les premiers, s’engagent àprotéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation préjudiciable à tout aspect de son bien-être, et particulièrement contre toutes les formes d’exploitation sexuelle.

Il est de notre responsabilité à tous (pouvoirs publics, médias, associations) de lutter efficacement contre une telle instrumentalisation des enfants. Ce type de photographies n’est pas acceptable, encore moins dans un magazine qui est une référence à l’international et qui véhicule à l’étranger l’image de la mode française.

Le COFRADE a donc décidé d’interpeller par l’envoi de courriers, le magazine VOGUE, les pouvoirs publics, certaines personnalités dont la Défenseure des Enfants, ainsi que la presse afin de lutter contre toutes formes d’exploitation des enfants et vous invite à signer la lettre-pétition du Collectif Contre l’érotisation des images d’enfants dans toutes les formes de publicités en cliquant sur le lien suivant : Pétition contre l’érotisation des images d’enfants dans toutes les formes de publicités

A ce jour, nous avons reçu une réponse du Chef de cabinet du Président de la Républiqueainsi que du Chef de cabinet de Jeannette Bougrab, Secrétaire d’Etat de la jeunesse et de la vie associative.

La Défenseure des Enfants, Madame Dominique Versini nous a également répondu (Réponse de la Défenseure des Enfants), de même que le journal Marianne qui a consacré un article sur le sujet dans son numéro de la semaine du 5 au 11 mars 2011 : Lire l’article de Marianne

La personnalité politique, Mme Christine Boutin a également réagit suite à notre appel, en faisant paraître un communiqué de presse sur son site internet. Réponse de Christine Boutin / Lettre de Christine Boutin à la rédactrice en chef de VOGUE

Enfin, nous avons reçu une Réponse de Mr Xavier Romatet, Président Directeur Général des Publications Condé Nast S.A. auquel appartient VOGUE.

Le COFRADE s’étonne de n’y constater aucune intention d’excuse ou de déclaration publique lors d’une prochaine parution par exemple. Nous estimons cette réponse peu convaincante et nous réfléchissons actuellement à la suite que nous nous devons d’y apporter.

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