Une de nos associations membres, « Enfance – Télé : Danger ? » dont la présidente est Janine Busson, nous a alertés sur la diffusion par le service public de télévision d’images dangereuses pour les enfants. Il s’avère qu’à plusieurs reprises, l’émission « Télématin », par ailleurs magazine de qualité, a diffusé à une heure de grande écoute, c’est-à-dire le matin entre 6h30 et 9h, des images à caractère sexuel, pouvant compromettre le bien-être affectif, psychologique et physique de l’enfant.
Un cas particulièrement choquant date du 3 novembre 2010. « Télématin », évoque dans sa rubrique « Informations » aux alentours de 7h35, le cas d’une fillette de 10 ans et demi ayant accouché, et fait suivre cette information d’une photo d’une enfant nue de 5 ans et demi, enceinte et vue de profil.
Ce type d’informations et d’images porte doublement atteinte à l’article 3 de la Convention Internationale des Droits de l’enfant qui prône que toute décision ayant une incidence sur la vie de l’enfant doit être fondée sur « son Intérêt Supérieur ». D’une part, nous sommes en présence d’une médiatisation des enfants non appropriée, puisque la fillette est totalement identifiable. Au-delà de cette atteinte à la dignité de la personne, il s’agit de s’interroger sur l’impact que ces images peuvent avoir sur les enfants qui les regardent. Comment un enfant va-t-il réceptionner ce genre de scènes ? D’autant que d’après le rapport du CSA sur la protection de l’enfance et de l’adolescence de novembre 2010, les enfants sont nombreux devant la télévision le matin avant l’école, et les mercredis (particulièrement en ce qui concerne les 4-10 ans). Le Conseil rappelle à juste titre que les enfants ont le droit à l’information, mais à une information adaptée à leur âge, c’est pourquoi il demande aux éditeurs de faire précéder la diffusion de ce type d’images d’un avertissement qui permet aux parents d’éloigner les enfants de la télévision. Or dans le cas présent, il n’y a eu aucun avertissement.
Le COFRADE ne peut rester passif suite à ces atteintes portées aux droits de l’Enfant. Il ne remet pas en cause la qualité des programmes de France Télévisions, mais souhaite que France 2 assume ses responsabilités. En effet, la chaîne s’est engagée dans sa Charte, et notamment au Chapitre 2 « Responsabilité du diffuseur » à garantir des contenus adaptés aux différents âges, et notamment à protéger les mineurs. Il est écrit dans la Charte de l’antenne que «France Télévisions « s’abstient de diffuser des programmes susceptibles de nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral des mineurs » conformément au décret n° 2002-750 du 2 mai 2002. Nous sommes donc en droit d’attendre que les chaînes nationales et plus encore le service public de télévision, respectent leurs engagements et que le CSA se mobilise lorsque les dispositifs relatifs à la protection du jeune public sont bafoués.
Conformément à son rôle de vigie, le COFRADE a adressé des courriers au Président de la République, au CSA et à France Télévisions.
Nous avons reçu des réponses du cabinet du Président de la République(Réponse du chef de Cabinet du Président de la République), du Ministère de la Culture et de la Communication (Réponse du Ministère de la Culture et de la Communication) ainsi qu’une lettre d’excuse de France 2 (Réponse du Rédacteur en Chef des journaux de Télématin).
Le COFRADE, prenant acte de l’attachement témoigné par France 2 de veiller à la sensibilité des mineurs, a proposé au rédacteur en chef de Télématin de participer à la promotion de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant en consacrant, dans une de ces émissions, un sujet aux Droits de l’enfant. Une affiche de la CIDE a été jointe à cet effet.
A ce jour, ce courrier reste sans réponse…
Après avoir envoyé notre premier courrier le 3 janvier, puis une relance le 16 mars, le CSA nous a fait parvenir la réponse suivante : Réponse du CSA
La phrase ” votre courrier a été immédiatement transmis aux services compétents” a particulièrement retenue notre attention.
Nous sommes donc dans l’attente d’une réaction du CSA, autorité indépendante qui dispose d’une légitimité incontestable dans la régulation du secteur audiovisuel en France, et dont on espère qu’il mènera jusqu’au bout sa mission de « veiller à la protection des jeunes téléspectateurs » dans cette affaire.
Le CSA a envoyé une réponse satisfaisante au COFRADE le 5 juillet dernier. Réponse du CSA 5.07.11