Débat décembre 2009 : “Pourquoi l’Education est un Droit?”

Le thème 2009 : Pourquoi l’Education est un Droit ?

Qu’est-ce que pour vous l’éducation ?

« L’éducation c’est de s’occuper de l’enfant et de bien s’occuper de lui. Il s’agit de bien conseiller son enfant pour qu’il puisse donner le bon exemple lorsqu’il hors de la famille. C’est faire en sorte qu’il puisse bien se comporter partout où il sera. Les parents doivent pouvoir lui donner des conseils pour qu’il soit propre, qu’il respecte les autres » (AIEM).

« Il faut une éducation qui ait un but moral, pour que les gens soient plus gentils,  quand ils seront adultes. Il faut que chaque personne puisse avoir la même éducation, une éducation qui apporte des valeurs. Tout le monde doit être éduqué pour ne pas faire n’importe quoi,  pour faire des choses positives, respecter les autres  et être poli. Les règles de l’éducation correspondent à celles que doit suivre une personne qui veut être un vrai citoyen » (Les Roussillous).

« L’éducation c’est un droit pour tous même pour les enfants handicapés. Cela sert à être protégé et à se protéger » (Les Moineaux)

« Un enfant éduqué par des parents riches n’aura pas la même éducation qu’un enfant éduqué par des parents qui n’ont pas d’argent : il sortira moins, n’ira pas au cinéma, à des concerts, n’apprendra pas les mêmes choses. Certains parents apprennent la religion à leurs enfants et d’autres non ». (Les Peupliers)

« Selon l’environnement, la richesse, le système éducatif va être plus ou moins accueillant et va garantir plus ou moins d’avenir. Ainsi, l’éducation peut rester une histoire de chance puisque les écoles sont inégales et entraînent donc des réussites inégales » (Slea et Raoul Dufy)

Et plus généralement, Education rime avec Orientation qui semble être vécue comme une source de profonde inégalité. Plus les adolescents sont en difficulté scolaire et plus ils doivent « choisir » ou se laisser déterminer par une orientation. Celle-ci se fait alors non pas au regard des aspirations du jeune mais au regard des places disponibles ou de la représentation que l’adulte se fait des capacités du jeune. Orientation au rabais qui donne à penser à ces adolescents qu’ils n’ont pas d’avenir.

Comment se fait l’éducation des enfants ?

« Pour moi, je pense que l’éducation des enfants au Burkina Faso est un peu compressée. Parce que quand une fille ou un garçon fait quelque chose de mal on le conseille en le frappant ; ce n’est pas bon. Pour moi, je pense qu’on doit l’appeler, l’asseoir et le conseiller. Cela va plus le toucher que de le frapper. Il s’agit de l’appeler pour lui dire que ce qu’il a fait n’est pas bien et qu’à son âge c’est à lui de voir pour bien faire pour que ses petits frères ne prennent pas un mauvais exemple par rapport à lui » (AIEM).

« Pour moi au Burkina Faso, il n’y a pas beaucoup de filles qui sont scolarisées et ça c’est quelque chose vraiment qui n’est pas bien. Les parents pensent que les filles, elles sont là seulement pour se marier, pour faire des enfants, préparer à manger et s’occuper de la famille. Or pourtant, pour moi ce n’est pas ça. Elles ont aussi un droit à l’éducation, elles devraient avoir accès aux mêmes droits que les garçons » (AIEM).

« Chaque parent a sa manière de sanctionner pour obtenir que son enfant réussisse : en le gâtant, en le punissant, en lui donnant des coups ou mieux en discutant avec lui. Mais l’éducation n’est pas un chantage où on essaye d’obtenir de force quelque chose de l’autre » (Tonkin)

« Certains parents vont laisser faire plus de choses à leurs enfants alors que d’autres seront plus durs » (Les Peupliers)

Selon vous à qui revient la responsabilité de l’éducation des enfants ?

« Moi je pense que c’est surtout au village que les enfants sont bien éduqués. Parce qu’en ville l’enfant peut sortir et revenir tard. Lorsque les parents lui font des reproches, il ne prend même pas la peine de les écouter. Cependant au village, les enfants ne sortent pas comme cela parce qu’il n’y a pas de lieu pour cela. Ils sont obligés de rester à la maison alors qu’en ville tout le monde veut vivre, faire la belle vie. Donc cela va jouer sur l’éducation des enfants » (AIEM).

« Non, je ne suis pas d’accord avec cela, parce que lorsque l’enfant sort, les situations qu’il vit dehors contribue à son éducation. Alors que pour un enfant qui n’est que chez ses parents et qui ne sort pas, c’est seulement ce que ses parents lui disent qu’il écoute. En revanche, un enfant qui sort de chez lui peut entendre le problème de quelqu’un et cela lui servira d’exemple. Ne vivre qu’à à la maison ça n’éduque pas » (AIEM).

« Moi je pense qu’au niveau de l’école, nous les enfants de la ville sommes plus en avance par rapport aux enfants qui sont dans les villages. Par exemple au niveau du français, le français d’un enfant de la ville est meilleur que celui d’un enfant du village. En ville aussi on a la possibilité de suivre des formations professionnelles dans les centres, ce qui n’est pas le cas dans les villages » (AIEM).

« Les parents sont responsables de notre éducation, en particulier en ce qui concerne la politesse, le respect ou encore le langage. Mais, nous les jeunes, nous avons besoin de nous opposer, en particulier au sujet des sorties, des fréquentations, des résultats scolaires » (Fonsorbes)

« Si un parent est mal éduqué, alors, nous aussi, nous serons mal éduqués. L’éducation de nos parents joue sur la nôtre » (Les Roussillous).

« Parfois, les parents n’arrivent pas à éduquer leur enfant et celui-ci prend alors modèle sur quelqu’un d’autre. Mais les enfants s’éduquent aussi par eux-mêmes et reçoivent l’éducation de tout leur entourage » (Tonkin).

« Si les enfants ne sont pas protégés ou éduqués par leurs parents, ils peuvent être placés et c’est alors aux éducateurs de veiller à ce qu’ils soient protégés et éduqués » (Les Moineaux)

« Les personnes âgées nous apprennent nos origines, ils influencent l’éducation que nous donnerons à nos enfants car ils ont la sagesse » (Les Peupliers)

« Tous les adultes qui nous entourent participent à notre éducation. Ils nous apprennent ce dont on a besoin pour bien grandir et réussir notre avenir : les savoirs qu’on nous transmet à l’école, les valeurs qui nous permettent de vivre avec les autres (le respect des autres, la tolérance, le partage), le respect des lois, les bonnes manières » (Les Peupliers)

L’éducation vous permet-elle de faire des choix ?

« Les parents ne permettent pas aux enfants de faire des choix, parce qu’ils pensent que les enfants ne connaissent pas ce qui est bien pour eux. Je pense que cela arrive à cause du manque de moyens. Pour un enfant qui décide de faire des choses que ses parents ne peuvent lui assurer, c’est sûr qu’ils vont tout faire pour l’orienter. Par exemple si tu veux aller dans une école technique qui coûte plus chère et si les parents non pas les moyens, ils vont t’amener dans une autre école certainement en te faisant croire que c’est ce qu’il y a de mieux pour toi » – «  Moi, je pense que le manque de moyen ne joue pas sur l’éducation des enfants parce qu’une famille peut être pauvre et puis bien éduquer son enfant, pendant qu’une famille riche va mal éduquer son enfant » (AIEM).

« On peut être influencé par l’éducation de la rue. Les parents ont le devoir de nous transmettre l’éducation mais on a la liberté de choisir d’être éduqué ou pas. On a le droit d’avoir sa propre couleur de peau, ses propres croyances, de pouvoir penser librement.  » (Alban Minville)

« Il faut qu’un enfant puisse être responsable de ses bêtises » (Les Roussillous)

Pour apprendre à faire des choix, les enfants doivent avoir les modèles de ceux qui ont réussi. Mais on apprend aussi à faire des choix en faisant des erreurs, en ayant des conseils d’orientation à l’école » (Tonkin)

« La liberté, c’est de choisir ses contraintes. Vouloir une loi, c’est vouloir la respecter. Et c’est avec les mauvais choix qu’on apprend à faire les bons » (Hector Berlioz)

Que faire pour une meilleure éducation ?

« Pour que l’éducation des enfants soit une réussite, l’Etat doit réduire le coût de la formation et donner à manger aux enfants dans les écoles. Il ne faut pas aussi que l’école soit trop loin. Si les frais de scolarités sont trop élevés et que les parents n’ont pas d’argent pour payer, ce n’est pas bien. Même pour les fournitures, il faudrait diminuer les frais » – « Ce qu’il y a à ajouter, il faut que les gens s’entraident. Ceux qui sont riches doivent aider ceux qui sont pauvres pour qu’ils inscrivent leurs enfants à l’école. Il y a des enfants qui sont là, qui veulent aller à l’école mais qui ne peuvent pas, alors que tout le monde sait que l’école aide beaucoup. C’est l’école qui forme les futurs dirigeants du pays » (AIEM).

« On a une meilleure éducation dans les écoles privées qui sont plus strictes. Mais peut-être sont-elles trop encadrées ? On n’y est moins autonome et avec moins de liberté. L’enseignement est plus spécialisé, il y a des matières en plus, on a plus de choix. Cependant, on apprend les mêmes choses en école privée et publique, le programme est le même. En revanche, l’école privée n’est pas accessible à tous car elle coûte cher. L’éducation est donc inégalitaire » (Fonsorbes)

Egalité et chances sont deux mots qui, ensemble, ne veulent rien dire. Parce qu’on n’est pas pareils. On ne donne pas les mêmes chances aux élèves selon qui ils sont. Il y a le racisme et la discrimination, et le rang de classe sociale qui jouent » (Hector Berlioz).

Pourquoi l’éducation est-elle un droit ?

« Si tu n’apprends pas, tu n’as pas d’avenir. Donc si l’école est obligatoire, c’est pour nous aider, pas pour nous punir » – « Sans l’école, on serait plus influençable et grâce à elle, si on nous dit des énormités, on est en capacité de savoir si c’est vrai ou pas » (MJC). – « L’éducation permet de se défendre, de s’exprimer » (Alban Minville) – « Mais ce n’est pas parce qu’on dit aux jeunes de travailler à l’école qu’ils travaillent ! » (Alban Minville)

« Certains enfants n’ont pas forcément accès à l’éducation telle qu’ils la souhaitent comme les enfants handicapés, les immigrés, les enfants du voyage… » (Fonsorbes)

« Comme on a l’obligation d’aller à l’école, ce n’est plus un droit puisqu’on n’a pas le choix. C’est un droit pour ceux qui ont plus de 16 ans » (Hector Berlioz)

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